Un plateau épuré. Les musiciens s'accordent. Trois comédiens vont faire renaître "Les Fourberies de Scapin" de leur écrin baroque.

Montage © Antoine Melchior

Tour a tour vieillards masqués, jeunes premiers perruqués ou personnages populaires, ils plongent au coeur meme du propos avec agilité et audace. Les lieux changent au gré d'un imaginaire simple et loufoque. Pour seul décor, un coffre et trois cannes, réservoir a idées, d'ou surgiront mille et unes inventions, mille et une fourberies. Les personnages passent en un clin d'oeil d'une barque sur l'eau a un monde d'étrangers surréalistes. Chaque fourberie est une improvisation ou corps des acteurs et cordes des musiciens s'entremelent. Les instruments rythment le pas des spadassins, cadencent le coeur des amoureux et fragilisent les nerfs des vieillards. De multiples tableaux prennent forme dans cet univers baroque, tantôt farcesque, tantôt poétique. L'éclat des bougies renforce la beauté du geste et de l'expression. La prononciation du XVII eme siecle restituée permet de riches compositons vocales, allant du vieillard au jeune premier, en passant par un gascon frénétique a des scapins endiablés. Dans cet univers foisonnant de personnages, ces trois comédiens et ces trois musiciens, tout en modifiant la structure de la piece, ne perdent pas de vue l'essence meme de l'intrigue. L'originalité de ce spectacle tient tant a la fois a son esthétique baroque qu'a ces moments d'improvisations déjantées.

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